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Une expérience française des MOOC

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xMOOC / cMOOC

(c) dilbert.com

Avant de se lancer dans les définitions, clarifions vite fait un point : les MOOC dont on entend le plus parler (EdX, Udacity, Coursera, etc..) sont les xMOOC. Les premiers à avoir vu le jour sont cependant les cMOOC.
Pour les puristes il n’y a pas d’autres MOOC que ce type de MOOC, canal historique.

cMOOC

Le CMOOC est connectiviste : l’organisateur (peut-on vraiment parler d’enseignant ?) du “cours” (peut-on vraiment parler de cours ?) déroule une structure cohésive du matériel pédagogique mais ne montre pas une voie toute tracée aux participants, s’attendant à ce qu’ils la suivent linéairement.

L’organisateur encouragera plutôt les participants à trouver leur propre chemin parmi les ressources proposées.

L’objectif n’est pas tant le contenu ou l’acquisition de compétences que les conversations, les connaissances acquises socialement et l’exposition à un environnement d’apprentissage basée sur des ressources du web ouvert.  

Les ressources sont fournies, mais l’exploration est plus importante que le contenu. L’évaluation traditionnelle des acquis est donc très difficile et n’existe d’ailleurs quasiment pas pour ce type de MOOC.

Les cMOOC semblent donc moins approprié pour les sciences “dures” (maths, physique, chimie…) pour lesquelles une connaissance des processus fondamentaux est indispensable à la compréhension de base du sujet et nécessitent une forte implication des participants.

Une liste de cMOOC.

xMOOC

Personne ne sait vraiment d’où vient le “x” dans xMOOC : certains pensent qu’il s’agit du x de edX.

Les xMOOC reposent sur le contenu (pricipalement de la vidéo) : c’est eux dont la presse parle le plus souvent et qui comptent des étudiants par dizaines de milliers, des professeurs renommés de grandes universités et qui reposent principalement sur des systèmes de notation automatiques.

Ils reposent sur un modèle de pédagogie instructiviste, qui est celui que nous connaissons depuis des siècles : l’enseignement direct par un expert (le professeur) en relation avec un curriculum et ayant pour objectif l’apprentissage de connaissances  spécifiques par le biais de cours.

L’acquisition de “contenus” (connaissances) est plus importante que le “networking” et cette acquisition est évaluée par les méthodes traditionnelles de notation. Avec une population massive d’apprenants, les méthodes d’évaluation sont elles aussi massives et donc automatisées la plupart du temps.

Les xMOOC s’adressent donc aux masses, les populations d’étudiants pour qui l’accès aux enseignements des institutions d’élite est de moins en moins accessible.

Une liste des cours proposés en xMOOC.


Le paysage actuel des MOOC dans lequel l’esprit d’altruisme et d’ouverture des cMOOC originels semble mis à mal par les xMOOC qui se basent sur les pratiques existantes de l’enseignement supérieur et qui chercheront à moyen terme des méthodes de “monétisation”.

Espérons que les ambitions décrites par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme il y a près d’un demi siècle (ci-dessous) ne seront pas perdues de vue dans les évolutions futures des plateformes d’apprentissage en ligne et ouvertes.

L’enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l’instauration progressive de la gratuité.

Article 13 du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels adopté et ouvert à la signature, à la ratification et à l’adhésion par l’Assemblée générale dans sa résolution 2200 A (XXI) du 16 décembre 1966.

Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme.

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